5 qualités indispensables quand on est recruteur (ou qu’on souhaite le devenir)

Table des matières

La semaine dernière, j’ai échangé avec une personne qui envisage de faire une reconversion pour devenir recruteur dans la tech. On a discuté de pas mal de choses et elle m’a demandé « pour toi, quelles sont les 5 qualités qu’un recruteur doit avoir? » 🤔

J’avoue que je n’avais jamais trop réfléchi à ça, en tant cas pas de cette manière. A part peut-être quand j’étais candidate et qu’on me demandait « quelles sont vos 3 principales qualités » suivi de « et vos 3 défauts »😱 Mais en y réfléchissant, je me dis que ça peut intéresser toutes les personnes qui se posent des questions sur le métier. Et que ça permet aussi d’aller un peu plus loin que de simplement dire que pour être recruteur « il faut aimer l’humain » (c’est vrai, mais pour moi c’est un prérequis et c’est loin d’être suffisant et c’est assez réducteur…)

Alors évidemment, ce n’est pas un article scientifique hein, il n’y a pas de vérité universelle sur le sujet! Je me suis surtout basée sur mes propres expériences et sur les échanges que j’ai eus avec des centaines de recruteurs ces dernières années.

1/ Savoir apprendre

Pour moi, c’est une qualité absolument essentielle particulièrement quand on veut durer dans le métier. Que ce soit dans le recrutement ou pour un autre métier, on peut rarement se contenter de ce qu’on apprend à l’Ecole. Un recruteur ne peut pas tout connaître mais il doit être capable d’apprendre rapidement. Apprendre à trouver les bonnes informations, à les mobiliser au bon moment et en fonction de la situation, savoir utiliser les outils adaptés etc…Nous sommes tous capables d’apprendre de nouvelles choses et c’est particulièrement utile dans un métier où il faut aller vite, en étant efficace et pertinent. Savoir apprendre c’est aussi tirer des leçons de ses erreurs pour éviter de les reproduire et faire mieux la fois suivante (ou au moins différemment).

Pour développer vos capacités d’apprentissage:

✅ Ciblez bien la nouvelle compétence/ le nouveau savoir que vous voulez développer (et qui vous sera vraiment utile)

✅ Définissez votre propre méthode d’apprentissage (nous sommes tous différents)

✅ Fixez-vous des objectifs atteignables ( lire un nouveau livre par mois, écouter un podcast chaque semaine, découvrir un nouvel outil régulièrement, assister à une conférence/ un webinaire tous les trimestres, vous inscrire à une newsletter que vous lirez vraiment…)

✅ Si vous voulez suivre une formation, choisissez une personne en qui vous avez confiance

✅ Mettez en place une stratégie de veille pour vous tenir informer de l’actualité (du recrutement et du secteur/ domaine dans lequel vous travaillez)

👉 Sur ce sujet, je vous recommande ce cours gratuit d’OpenClassroom « Apprendre à apprendre »

2/ La curiosité

La curiosité est pour moi indissociable de la qualité précédente. Elle permet d’avancer, de ne pas rester sur ses acquis et de découvrir de nouveaux outils et pratiques. Quand on est recruteur, on est parfois bloqué face à une recherche compliquée, un sourcing qui n’avance pas, des candidats qui ont du mal à parler. Rester curieux permet de garder l’esprit ouvert et de dépasser ses a priori (très utile quand on est recruteur!), de tester de nouvelles choses et d’échanger avec les autres. Cela contribue donc à une démarche d’apprentissage et d’amélioration continue.

La curiosité c’est aussi ce qui pousse à s’intéresser à d’autres domaines que le sien. Pour un recruteur, il y a des dizaines de pistes à explorer: la psychologie, le marketing et la vente, la gamification, l’intelligence artificielle, l’écriture …Et quand on est curieux, en général, on s’intéresse à l’autre et l’autre le ressent, qu’il soit candidat, client, collègue ou confrère.

✅ La curiosité n’est pas un vilain défaut, au contraire, elle éloigne la peur et l’ennui!

Attention, la curiosité, ce n’est pas de l’indiscrétion. Donc en entretien, vous ne pouvez pas poser des questions sur la vie privée du candidat sous prétexte que vous êtes curieux.

👉 Je vous recommande ce livre sur « Les pouvoirs de la curiosité »

3/ L’empathie

Une définition de l’empathie (celle du Larousse): c’est la faculté intuitive de se mettre à la place d’autrui, de percevoir ce qu’il ressent. Là encore, je pense qu’on ne peut pas être recruteur et durer dans le métier si on ne peut pas faire preuve d’empathie. Les candidats reprochent d’ailleurs régulièrement aux recruteurs de ne pas les comprendre et d’être incapable de se mettre à leur place (c’est ensuite ce qui donne des petites phrases du type « j’espère que tous les recruteurs seront bientôt au chômage pour voir ce que ça fait »)

J’ai lu pas mal d’articles sur le sujet de l’empathie et notamment sur le fait de savoir s’il s’agit d’une qualité innée ou non. Les enfants, même très jeunes, sont naturellement empathiques: ils ressentent les émotions des autres, ils ont envie d’aider, de partager et de consoler. Mais en grandissant et en fonction des différentes situations qu’on rencontre, on a tendance à se « blinder » face aux émotions des autres, particulièrement pour éviter de souffrir. Je crois que c’est une qualité innée mais qui sera alimentée (ou non) par notre éducation et nos expériences.

Je connais beaucoup de recruteurs qui sont très touchés par les situations parfois difficiles des candidats qu’ils rencontrent. Et ils ont souvent entendu « tu n’es pas assistant(e) social(e) », « on te paie pas pour donner des conseils aux candidats », « tes entretiens durent trop longtemps » (j’ai entendu chacune de ces phrases).

Se montrer empathique, ce n’est pas être faible. C’est être capable de comprendre ce que ressent l’autre, comprendre son point de vue. Le but ce n’est pas de projeter nos propres réactions sur les siennes ou de juger. Et l’empathie ne signifie pas non plus être toujours d’accord avec l’autre ou lui trouver des excuses (ça aussi je l’ai beaucoup entendu 🙄) C’est une question d’équilibre, pas toujours simple à trouver.

Quelques livres si le sujet vous intéresse:

👉 « L’empathie au coeur du jeu social »

👉 « Bienveillance éthique et empathie en entreprise« 

👉 « Guide de survie des hypersensibles empathiques« 

4/ L’écoute

Il y a une vraie différence entre entendre et écouter: entendre c’est la capacité physique à percevoir un son, un bruit ; écouter c’est une capacité cognitive et intellectuelle qui fait qu’on cherche à comprendre et assimiler des sons (par exemple des paroles). Je crois que beaucoup de candidats reprochent aux recruteurs d’entendre mais ne pas suffisamment écouter…

Un recruteur doit être à l’écoute de son client (interne ou externe) pour bien comprendre son besoin et ce qu’il cherche. Il doit aussi être à l’écoute des candidats pour être sûr d’avoir compris leurs parcours, leurs attentes et leurs motivations. L’écoute est donc l’une des bases du métier, un pilier pour aller dans la bonne direction et établir une relation de confiance.

❌Il n’y a rien de pire qu’un recruteur qui monopolise la parole en entretien (oui bon, évidemment, il y a plein de choses pires mais vous voyez l’idée 😁)

Dessin réalisé par l’agence Your Comics pour sa newsletter « La preuve par 3 »

Ne cherchez pas à écouter simplement pour répondre, cherchez surtout à écouter pour comprendre (c’est une reformulation d’une citation qui est souvent utilisée dans le domaine de la communication et je n’ai pas trouvé cherché l’auteur)

5/ La persévérance

Le quotidien d’un recruteur n’est pas un long fleuve tranquille. Vous avez sans doute connu des périodes où vous avez l’impression que rien ne marche, que vous n’avancez pas comme prévu. Il y a aussi les moments où vous faites beaucoup d’efforts et où les résultats sont décevants (le sourcing est souvent cité comme exemple). C’est probablement encore plus vrai quand on travaille sur une recherche très spécifique ou dans un domaine pénurique.

La persévérance, c’est la capacité à persister dans une action, une résolution, une attitude malgré les difficultés rencontrées. Et à le faire de manière durable.

Le recrutement c’est un métier où il faut s’accrocher, faire preuve de ténacité et d’endurance. Il faut savoir gérer les frustrations, les déceptions et les réactions qui n’étaient pas prévues: le candidat qui refuse une proposition alors qu’on n’y croyait, le client qui recale un candidat qui nous paraissait « parfait », les collègues qui avancent plus vite que nous, le recrutement qui est suspendu quand on a déjà fait des heures de recherches etc…

❌ La persévérance, ce n’est pas de l’obstination acharnée ou de l’entêtement qui consisterait à persister dans ses pratiques et son comportement sans tenir compte des circonstances.

✅ Persévérer c’est garder en tête son objectif, connaître les obstacles et les échecs possibles pour les anticiper et adopter le meilleur plan d’action.

👉 Si le sujet vous intéresse, vous pouvez lire et télécharger « Comme développer la persévérance » dans la collection Livres numériques gratuits

🎁Bonus: 3 qualités très utiles

La créativité

C’est une qualité qui est très recherchée chez les sourceurs et notamment dans les domaines réputés compliqués ou pénuriques pour le recrutement. Un sourceur/ recruteur créatif saura prendre de la hauteur et des chemins détournés pour atteindre les personnes qui l’intéressent. Il sera souvent là où on ne l’attend pas, testera des outils ou des pratiques peu répandues, et ne se fermera aucune porte a priori. Par exemple, il n’aura pas peur d’aller sourcer sur TikTok ou sur Tinder 😏

La fibre commerciale

Un certain nombre de recruteurs vous diront que le métier est proche de celui de commercial. D’ailleurs pour ma part, dans la dernière entreprise où j’étais salariée, j’étais rattachée à la Direction Commerciale et non à la Direction RH. Un recruteur est un vendeur quand il propose les prestations de son cabinet à client, quand il doit convaincre un candidat qu’il a « la bonne opportunité », quand il doit donner envie à un client de rencontrer un candidat qui ne coche pas toutes les cases…D’ailleurs en cabinet de recrutement et dans certaines ESN, on parle de consultants en recrutement qui ont souvent une casquette commerce et recruteur. Et quand on devient recruteur indépendant, savoir (se) vendre est indispensable!

La diplomatie

C’est la capacité à savoir faire preuve d’habileté, de tact et de souplesse dans la conduite d’un entretien ou d’une affaire difficile. Et un recruteur a souvent besoin d’être diplomate: par exemple quand il doit donner une réponse négative à un candidat ou quand il rencontre un client très exigeant. C’est une qualité qui m’a fait défaut au début de ma carrière, j’avais parfois tendance à un être un peu « cash ». Mais ça prouve qu’on peut progresser et développer sa diplomatie 🙂.

Conclusion

Comme pour tout métier, le recrutement demande un certain nombre de qualités qui permettent d’être performant et bien dans ses baskets. Après, rien n’est figé et je suis persuadée qu’il possible de travailler et de développer ses qualités. Evidemment, selon l’environnement dans lequel vous évoluez, d’autres qualités seront très importantes aussi: l’organisation, la transparence, l’adaptabilité, la capacité à prendre du recul, le réseautage, la communication etc…

Si vous êtes recruteur tech ou que vous souhaitez recruter dans l’informatique, n’hésitez pas à m’écrire ou à réserver un appel découverte avec moi!

👉Et si vous êtes recruteur IT et que vous avez parfois l’impression que les candidats parlent une langue étrangère, j’ai créé un lexique qui vous fera gagner du temps. Des définition simples, en français et validées par des professionnels de la tech. Vous pouvez vous le procurer ICI.

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