Un recruteur est-il forcément un sourceur?

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Voilà le dernier article de l’année et j’ai l’impression que 2021 a filé à la vitesse de la lumière 😱

Cette année, j’ai eu la chance et l’honneur de former une centaine de recruteurs. Ils et elles travaillent quasiment tous dans la tech (ESN et cabinets surtout). Et j’ai adoré accompagner toutes ces personnes qui m’ont fait confiance.

A chaque formation ou presque, le sourcing était la préoccupation n°1. A la question “sur quoi veux tu progresser en priorité?”, j’ai presque toujours eu la même réponse la même réponse: le sourcing.

J’ai l’impression que cette année a vraiment été l’année du sourcing pour beaucoup de recruteurs au point que certains m’ont avoué qu’ils avaient l’impression d’être mauvais parce qu’ils faisaient finalement peu ou pas de sourcing.

Alors pour ce dernier article, qui sera assez court (je suis fatiguée 🤯), je partage avec vous mes réflexions sur le sourcing et le recrutement.

1/ Avant le sourcing ne faisait pas rêver…

Quand j’ai démarré le recrutement en 2006, on ne parlait pas de sourcing (sauf dans le domaine des achats). Et je n’avais jamais entendu le mot “sourceur” en France. On disait “chargé de recherche” et c’était d’ailleurs l’intitulé de mon premier poste.

Mon job c’était de seconder les recruteurs, les vrais, celles et ceux qui parlaient avec les clients et qui rencontraient les candidats en entretien. Moi je devais trouver des CV et des candidats potentiels. Pour ça j’avais à ma disposition:

  • les annonces dans la presse qui coûtaient un bras 💰 (il fallait compter les mots et être un pro des abréviations pour respecter le budget)
  • des annuaires (sur papier et CD-ROM 😱)
  • de la chasse “dans le dur”: je devais imaginer des scenarii improbables pour remonter des organigrammes et réussir à parler à Monsieur X ou Madame Y (et apprendre à passer le barrage des secrétaires)
  • Viaduc (qui est devenu Viadeo en Août 2007😂)
  • le réseau de mon boss (un post-it ou une serviette en papier avec le n° d’un copain qu’un autre copain lui avait recommandé)
  • une base de données (on ne disait pas ATS) qui moulinait 1 heure pour sortir une liste de candidats qui pour la plupart n’étaient joignables que sur un téléphone fixe en fin de journée 📞

Tu passais pour un ingénieur de la NASA quand tu enregistrais des CV sur une clé USB et LinkedIn était loin, très loin d’être le réseau qu’on connaît aujourd’hui…

Désolée à toutes celles et ceux qui ont pris un coup de vieux en même temps que moi 😅. J’en profite quand même pour dire que ces années ont été hyper formatrices et que j’ai appris énormément de choses qui me servent encore tous les jours.

Bref, faire du sourcing à ce moment-là, ça ne faisait pas rêver grand monde. Et on me répétait sans arrêt “t’inquiètes pas, tu vas pas faire ça toute ta vie. Après, toi aussi tu pourras rencontrer les candidats”. Parce que c’était ça le Graal: faire des entretiens.

Être chargé de recherche, c’était finalement être en bas de l’échelle, le job du débutant par excellence. Pourtant, ça consistait déjà à identifier et à contacter des gens pour leur donner envie d’en savoir plus. Et ça, ça n’a pas changé.

2/ …mais ça, c’était avant

Je ne saurais pas dire exactement quand le mot sourcing est devenu LE mot pour désigner la recherche de candidats. Mais ce que je sais c’est qu’en quelques années, le sourcing est devenu une vraie compétence et même un vrai métier au même titre que le recrutement. Certaines entreprises ont maintenant des équipes entières dédiées au sourcing et les salaires commencent enfin à être plus intéressants (pas partout, je sais 😬)

J’ai conscience que certains considèrent encore que le sourcing est un métier de débutant, un truc chiant qu’on confie aux stagiaires ou à ceux qui démarrent en cabinet. Je connais pas mal d’entreprises où gérer le sourcing est encore vu comme une corvée/ une tâche ingrate/ un passage obligatoire (au choix) avant de faire du “vrai recrutement”.

Mais il me semble que c’est de moins en moins le cas, surtout dans les domaines “en tension” où tout le monde galère à recruter. Là, au contraire, j’ai l’impression que le sourcing est vu comme une discipline un peu magique, le remède miracle pour les entreprises qui n’arrivent pas à recruter. Un peu comme si celles et ceux qui maîtrisaient les recherches booléennes, les X-Ray et autres requêtes connaissaient un langage secret réservés aux initiés 🧙‍♂️

Certaines personnes considèrent les sourceurs comme une “élite” qui connaît des choses inaccessibles au commun des mortels. D’ailleurs, un jour en formation, une recruteuse m’a dit “ah non mais pour moi, c’est une langue à part, c’est un monde parallèle. On joue pas dans la même cour” 🤔

Avant, on avait presque honte de dire qu’on faisait du sourcing. Aujourd’hui, c’est une fierté de savoir sourcer.

Si bien qu’en 2021, la plupart des recruteurs techs avec qui j’ai discuté veulent une chose: apprendre à sourcer ou progresser en sourcing. Et mes articles qui ont été les plus lus sur ce blog sont ceux où il est question de sourcing (par exemple celui-là ou celui-ci)

3/ Sourcing et recrutement sont 2 approches complémentaires

Je pense que je suis un peu “biaisée” parce que j’accompagne des recruteurs dans un domaine réputé “pénurique”: dans l’IT, il y a peu de candidats (réponses annonces, candidatures spontanées) alors il faut aller les chercher. Donc la plupart des recruteurs avec qui j’échange ont besoin de sourcer et de trouver des solutions pour proposer des candidats aux managers/ aux clients.

Mais il y a des postes pour lesquels les entreprises croulent littéralement sous les CV (et où les recruteurs n’arrivent pas à répondre à tout le monde, mais c’est un autre sujet…)

On se retrouve donc en gros face à 2 situations:

👉 les secteurs en tension où le sourcing est absolument vital pour continuer à recruter

👉 les secteurs où le sourcing est secondaire et ponctuel

Si vous travaillez dans un secteur où vous recevez suffisamment de candidatures qualifiées sans avoir besoin de sourcer, alors ce n’est pas forcément la compétence que vous devez développer en priorité. Gérer des gros volumes de candidatures demandent d’autres compétences essentielles pour un recruteur et passer du temps à faire du sourcing ne vous aidera pas forcément.

Pour moi, les 2 métiers sont complémentaires:

✔ le sourceur transforme des gens en candidats

✔ le recruteur transforme des candidats en potentiels collaborateurs (salariés ou pas)

Et il y a des personnes qui recrutent et qui font comme elles peuvent, en fonction des postes sur lesquelles elles travaillent, les moyens dont elles disposent, leur périmètre d’action (tous les recruteurs ne font pas que du recrutement). J’entends très souvent “j’aimerais faire plus de sourcing mais je n’ai pas le temps”.

Conclusion: on ne devrait pas faire de hiérarchisation

L’être humain aime se comparer aux autres. Parfois c’est constructif et ça permet d’apprendre et d’aller de l’avant. Mais souvent, ça ne mène à rien.

La question n’est pas de savoir si en tant que recruteur vous devez ou non faire du sourcing. La question est surtout de savoir si vous avez besoin de sourcer dans le cadre de votre activité. Et si la réponse est “oui” et que vous ne savez pas par quoi commencer 👉 on en parle quand vous voulez (approche très subtile non?)

En conclusion, sourceur ou recruteur, vous êtes dans la même équipe: aider votre entreprise ou votre client à trouver et à embaucher des candidats 😉

(oui, je vous avais dit que ce serait plus court que d’habitude!)

Bonne fin d’année à toutes et tous ❤

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