Comment les profils techs trouvent-ils leur job?

Table des matières

En formation, on me demande très souvent quel est le meilleur canal de sourcing pour le recrutement des profils techs.

Il y a beaucoup de croyances et d’idées reçues qui circulent:

  • les annonces ne marchent pas dans l’IT
  • les profils techs ont tous quitté Linkedin
  • les meilleurs ne répondent jamais aux annonces
  • la cooptation est le meilleur moyen de recruter…

Alors pour me faire une idée, j’ai réalisé un sondage auprès de mon réseau sur LinkedIn. Je voulais savoir comment les profils techs de mon réseau avaient trouvé leur job actuel. Et j’ai pensé que le sondage était la solution la plus simple et la plus rapide.

Evidemment, ça reste un sondage LinkedIn, sur un échantillon assez restreint. Les personnes qui ont répondu sont forcément actives sur LinkedIn (donc il y a un biais dès le départ).

Malgré tout, je pense que ça permet quand même de dégager des informations pertinentes. Et ça peut peut-être aider/ rassurer celles et ceux qui travaillent dans le recrutement tech.

J’ai donc eu envie de partager les résultats et mes réflexions dans cet article.

1/ La réalisation du sondage

J’ai utilisé la fonction “sondage” sur LinkedIn pour interroger mon réseau:

La question: Vous travaillez dans l’IT, comment avez-vous trouvé votre poste actuel?

Là, il s’est passé quelque chose que je n’avais pas anticipé. Je n’ai visiblement pas été assez précise dans l’énoncé de la question. Je souhaitais cibler uniquement les professionnels de la tech, hors fonctions RH/commerce et autres. Mais comme je ne l’ai pas indiqué clairement, d’autres personnes ont répondu (notamment des recruteurs et des commerciaux IT, j’en ai beaucoup dans mon réseau!) Chacun son métier, n’est pas l’INSEE qui veut 🙈.

Après la fermeture du sondage, j’ai donc dû “nettoyer” les réponses pour exclure les profils qui ne correspondaient pas à ma cible.

Voilà les résultats avant le nettoyage:

420 personnes ont répondu au sondage. Mais, j’ai choisi de me concentrer uniquement sur les personnes que je considère comme des profils techs.

J’ai donc pris en compte: les métiers du développement (web, mobile, logiciel), les métiers de l’infra (systèmes et réseaux), les profils DevOps, les métiers de la cybersécurité, les métiers de la data, la gestion de projet (technique et fonctionnelle), les spécialistes de l’agilité, les métiers du support.

Sur les 420 répondants, 254 sont des profils techs. Voilà les résultats après le nettoyage:

En prenant en compte uniquement les réponses des profils techs

2/ Les résultats détaillés

LinkedIn permet de faire 4 propositions par sondage. Pour chaque catégorie, je vous donne les résultats détaillés. Et notamment la répartition des réponses par type de poste.

Grâce à une approche LinkedIn

40% des profils techs qui ont répondu ont trouvé leur job via une approche directe par un recruteur/ une recruteuse sur LinkedIn. Je suis rentrée un peu plus dans le détails en regardant les intitulés de poste.

Parmi ces 40% chassés directement sur LinkedIn:

– 39% sont des dev (tous langages et spécialités confondus)

– 18% sont des chefs de projets

– 14% sont des admin ou ingés système & réseau

– 7% sont des “experts” de l’agilité (coach agile, scrum masters, product owner)

– 6% sont des profils DevOps

👉 Et les 16% restants: DSI, CTO, profils data ou cyber, métiers du support

Je n’ai pas regardé chaque profil en détail mais il y a tous les niveaux d’expérience, des juniors (jeunes diplômés) aux profils très expérimentés (15 ans d’expérience et +)

En répondant à une annonce

33% des sondés ont trouvé leur job actuels en répondant à une annonce. Là encore, j’ai regardé la répartition par métier/ fonction.

Parmi ces 33%:

– 28% sont des dev (tous langages et spécialités confondus)

– 16% sont des profils data (data scientist, data engineer)

– 12% sont des DSI (ou responsable système d’information)

– 11% sont des chefs de projets

– 8% sont des profils “système & réseau” (admin, ingé)

– 8% sont des profils cybersécurité

👉 Les 17% restants sont constitués de profils DevOps, de techniciens support, d’ingénieur de production et d’exploitation.

Là encore, je n’ai pas regardé chaque profil un par un. Mais j’ai de nouveau vu des personnes débutantes et des personnes confirmées, peu importe le métier.

Via la cooptation

19% des profils techs qui ont répondu ont été cooptés dans leur entreprise actuelle.

Parmi les cooptés:

– 36% sont des développeurs (tous langages et spécialités confondus)

– 23% sont des chefs de projets

– 12% sont des profils cybersécurité

– 9% sont des profils data

Dans les 20% restants, on retrouve les DSI/RSI, des professionnels de l’agilité, des DevOps, des profils supports et production.

Comme j’ai obtenu moins de 50 réponses dans cette catégorie, j’ai pu regarder les profils un peu plus en détails. Mais la seule information que j’ai pu tirer c’est que les cooptés ont en général 2 ans d’expérience minimum.

Par le biais d’un autre canal

Comme LinkedIn ne permet pas de faire plus de 4 propositions pour un sondage, j’ai appelé cette catégorie “autre” en demandant des détails en commentaires. Ici, ce n’était pas très pertinent de détailler les réponses en distinguant les postes de chacun.

Je n’ai pas pris le temps d’interroger les 20 personnes qui ont répondu “autre” au sondage (soit 8% des réponses). Mais j’imagine qu’on retrouve ici les candidatures spontanées et les personnes contactées sur un jobboard, un site de matching ou une communauté. Et on peut aussi ajouter les personnes qui ont participé à des jobdatings.

Je n’ai donc pas cherché à distinguer les réponses par métier, mais c’est dans cette catégorie que j’ai retrouvé le plus de débutants (jeunes diplômés), des personnes en reconversion et quelques freelances.

3/ Quelques réflexions sur le sujet:

Evidemment un sondage sur LinkedIn n’est pas une étude statistique poussée. Ce n’est pas forcément représentatif des habitudes de l’ensemble des profils techs. Je ne veux pas faire de généralités à partir de 250 réponses. Et certains métiers sont plus représentés que d’autres dans mon réseau, notamment les dev.

Mais il me semble que cela permet quand même quelques réflexions intéressantes.

LinkedIn n’est pas un jobboard

Je passe mon temps à le dire et je persiste. La force de LinkedIn c’est que beaucoup de profils techs sont présents sur la plateforme. Mais être inscrit sur LinkedIn ne signifie pas qu’on est en recherche d’emploi. Et cela ne veut pas dire non plus que tous les profils techs sont sur LinkedIn. Comme j’ai réalisé ce sondage sur LinkedIn, on peut facilement imaginer que les personnes qui ont répondu sont actives sur LinkedIn. Donc pour être plus juste, il faudrait dire parmi les profils techs actifs sur LinkedIn qui ont répondu à ce sondage, 40% ont trouvé en étant contactés sur le réseau.

Il ne faut donc pas s’en contenter parce que la concurrence est forcément très forte. LinkedIn est un très bon outil mais ne doit pas vous dispenser de faire un vrai travail de ciblage. Si les gens que vous cherchez ne sont pas sur le réseau, ça ne sert à rien de vous acharner. Cibler, comprendre votre marché et soignez vos approches restent vos meilleurs atouts.

Les annonces fonctionnent aussi l’IT

Beaucoup de recruteurs techs pensent que les annonces ne servent à rien. Cette une croyance très forte et j’ai parfois du mal à les convaincre. La plupart des recruteurs techs avec qui j’échange ne publient plus d’annonces. Et ceux qui continuent à le faire diffusent souvent des annonces rédigées à la va-vite. Je le disais, je ne veux pas généraliser à partir d’un sondage LinkedIn. Mais il est évident que les annonces permettent de recruter des profils techs. Je connais des dizaines d’entreprises qui recrutent des devs, des profils data ou cybersécurité grâce à des annonces. de Par contre, il faut faire des efforts: les profils techs ne s’intéressent pas aux “mauvaises annonces” parce qu’ils ont le choix. Et plus votre annonce est de qualité, plus vous aurez de chance de recevoir des candidatures ciblées. Donc arrêter de dire “les annonces de marchent pas”. Dites plutôt “NOS annonces ne marchent pas” et essayez de comprendre pourquoi. Il suffit parfois de recevoir 1 ou 2 bons CV pour pourvoir un poste!

La cooptation n’est pas suffisamment utilisée

Peu d’entreprises ont vraiment mis en place un programme de cooptation qui fonctionne. Très souvent, les recruteurs me disent “on propose une prime intéressante mais ça ne prend pas”. Et justement, mettre en place la cooptation, ce n’est pas simplement dire “donnez-nous un CV et on vous donnera des sous”. Il fait faire vivre la cooptation, expliquer son intérêt. Et vos salariés doivent avoir suffisamment confiance dans l’entreprise pour recommander des personnes de leur réseau. c’est leur image qu’ils mettent en jeu. Il ne s’agit pas simplement d’une question d’argent. J’y reviendrai, je prépare une article sur le sujet (qui traîne depuis des mois 😅)

Pour conclure, ce petit exercice sur LinkedIn est intéressant même si ce n’est pas l’étude de l’année.

Dans tous les cas, pour recruter vous ne devez pas uniquement vous concentrer sur un canal de sourcing ou d’acquisition de candidats. Que vous utilisiez LinkedIn, les annonces ou la cooptation, vous devez définir précisément ce que vous proposez. Et ce que vous cherchez. Si vous ne comprenez pas les attentes des personnes qui correspondent à vos besoins, vous ne les intéresserez pas…Le problème bien souvent ne vient pas du sourcing, il vient d’une mauvaise définition du besoin. Si en plus votre entreprise est invisible (ou pire, si elle a mauvaise réputation), le sourcing ne vous sauvera pas!

Facebook
Twitter
LinkedIn

Découvrir plus d'articles...

Recruter en ESN: mode d’emploi

Je reçois souvent des messages de recruteurs/recruteuses qui me demandent comment recruter en ESN. Ils viennent de démarrer en ESN et ont

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *