Pourquoi et comment construire une bonne culture tech quand on recrute dans l’IT

C’est LE sujet qui m’anime depuis des années et m’a donné envie de devenir formatrice. Mais je me suis rendu compte d’un truc. Je n’ai jamais expliqué en détail ici pourquoi je suis persuadée qu’une bonne culture tech est indispensable quand on recrute dans l’IT.

Je sais que beaucoup de recruteurs sont arrivés dans la tech par hasard et non par choix. C’est mon cas, je ne connaissais quasiment rien à l’IT quand j’ai commencé. Au début, je pensais vraiment que c’était un domaine réservé aux « geeks ». Ou aux personnes qui avaient fait des études d’ingé. Mais je suis profondément convaincue que c’est faux.

Alors dans cet article, je partage mes réflexions sur le sujet, alimentées par ma propre expérience et ce que j’observe chaque semaine en formation depuis 6 ans. Et évidemment, je vous donne des pistes et des ressources pour construire votre culture tech.

1/ Une bonne culture tech facilite le recrutement

Depuis des années, j’entends très souvent « ce n’est pas le rôle des recruteurs d’évaluer les compétences techniques ». Même s’il y un fond de vérité, je trouve cette phrase insupportable. Il y a aussi sa variante « tu n’as pas besoin de tout comprendre », qui m’énerve tout autant.

D’abord parce que cela sous-entend qu’une bonne culture tech servirait uniquement à évaluer des compétences. Mais recruter, ce n’est pas simplement évaluer des compétences en entretien ! Avant de rencontrer les candidats, il faut comprendre le besoin, rédiger et publier des annonces attractives, établir une stratégie de sourcing, identifier et contacter des candidats potentiels, et mener les premiers échanges qui permettent de valider si on continue ou non. Comment on peut faire ça correctement quand on ne comprend rien à la tech??

Ensuite, construire une bonne culture technique, ça ne veut pas dire devenir expert. Il y a quand même une sacrée différence entre ne rien comprendre/ ne pas s’intéresser à la tech et devenir dev, architecte, ingé cloud etc. Le juste milieu ça existe (même si ces dernières années, on n’aime pas trop la nuance). Avoir des repères, utiliser un vocabulaire commun, savoir à quoi sert un outil, une techno, ça me semble très utile pour recruter des profils tech. En tout cas, en formation, je rencontre chaque semaine des recruteurs qui veulent comprendre et qui en ont marre qu’on leur dise « c’est pas ton rôle de faire ça ».

Enfin, il y a une réalité opérationnelle qu’on ne peut pas nier. Il n’y a pas toujours d’expert technique disponible pour prendre le relais. Parce que les équipes sont débordées ou les managers ne sont pas formés à l’entretien technique. Et dans certaines structures, il n’y a tout simplement personne de disponible au bon moment (c’est le cas en cabinet et dans beaucoup d’ESN). On dit aux candidats « c’est le client qui validera la partie technique » ou on envoie un test en ligne que personne ne sait corriger. Dans les deux cas, c’est un mauvais signal envoyé aux candidats et aux clients. Et c’est le risque de recruter des personnes qui ne correspondent pas à ce que vous cherchez…

2/ Une bonne culture tech vous rend crédible

En formation, c’est le mot qui revient le plus souvent : la crédibilité. Les recruteurs que j’accompagne me disent toutes et tous qu’ils veulent être pris au sérieux par les clients/managers ET par les candidats.

Côté client/ manager, le recruteur est trop souvent considéré comme un « preneur de commande » 🙄

On vous donne une liste de critères et de technos (parfois complètement incohérente) et on attend que vous trouviez le profil parfait.

Si votre culture tech est fragile, vous ne vous rendez même pas compte qu’un besoin est bancal ou irréaliste. Vous ne pouvez pas creuser, vous ne pouvez pas challenger vos interlocuteurs en posant des questions pertinentes. Et bien souvent, vous allez passer des heures à sourcer une personne qui n’existe pas. En pensant que c’est parce que « le marché est difficile » ou que « les gens ne répondent pas ».

Une bonne culture tech vous fait passer du statut d’exécutant au statut de partenaire. Parce que votre interlocuteur voit que vous comprenez ses enjeux, ses problématiques, que vous parlez le même langage.

Côté candidats, c’est la même logique. Beaucoup de professionnels dans la tech estiment que « les recruteurs ne servent à rien, ils ne comprennent rien ». Et je les comprends! J’aurais du mal à faire confiance à une personne qui ne sait pas ce que je fais et qui se’en fiche visiblement.

Une bonne culture tech vous permet de vous différencier des autres recruteurs. Candidats et clients vous perçoivent comme une personne sérieuse, vous recommandent et (re)viennent spontanément vers vous. Ce qui signifie pour vous, moins de prospection et moins de sourcing.

3/ Comment construire une culture tech solide ?

Si vous avez lu jusqu’ici (merci), vous vous dites peut-être « ok, mais on fait comment? ».

Déjà, avoir intégré le fait qu’une bonne culture tech est indispensable pour bien recruter dans l’IT, est un pas gigantesque. Prendre conscience que vous avez des lacunes et vouloir les combler, c’est le premier pas pour progresser.

Pour commencer, acceptez le fait que vous ne pourrez pas tout comprendre et que ce n’est pas ce qu’on attend de vous. La tech est un domaine qui bouge, qui évolue vite et les tech eux-mêmes ne savent pas tout. Par contre, il y a des fondamentaux qui resteront vrais, quoi qu’il arrive. Et c’est sur ça que vous devez vous concentrer en priorité.

Les candidats sont évidemment une mine d’or pour vous aider à comprendre leur métier, leur univers. Par contre, ne vous mettez pas automatiquement dans une posture d’infériorité. Le fameux « expliquez-moi comme à un enfant de 5 ans » me semble inadapté quand on est recruteur. Vous n’êtes pas un enfant, vous êtes un adulte. Et gardez en tête que tous les candidats ne savent pas vulgariser ou faire preuve de pédagogie dans leur approche.

Ensuite, faire de la veille est incontournable (c’est vrai dans la tech et dans tous les domaines). Si vous ne savez pas comment vous y prendre, j’ai rédigé un article complet sur le sujet que vous pouvez lire ICI.

Ensuite, je prêche pour ma paroisse, mais la formation est un acccélérateur. Vous faire accompagner sur le sujet vous fera gagner des dizaines (centaines?) d’heures.

Vous n’avez pas le temps ou le budget pour une formation? J’ai un truc pour vous. J’ai rédigé un guide complet de 123 pages qui reprend tout le programme de ma formation Culture tech. C’est LE guide que j’aurais voulu trouver à mes débuts. Il est disponible à tarif réduit ICI.

Conclusion

Je suis d’accord pour dire qu’un recruteur n’a pas besoin d’être expert pour bien recruter dans l’IT. On n’a pas besoin d’avoir été développeur pour recruter des développeurs.

Mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas construire une bonne culture, des repères solides pour dialoguer avec les tech. Pour moi, c’est indispensable et c’est aussi ce qui construit votre réputation et votre « marque recruteur ». Être crédible et légitimes face aux managers, aux clients, aux candidats, ça facilite le quotidien. Comprendre un besoin, utiliser les bons mots-clés pour le sourcing, poser des questions pertinentes en entretien, c’est agréable, c’est confortable. Et c’est comme ça que vous pouvez devenir une référence sur votre marché.

Il n’est jamais trop tard pour commencer et c’est bien souvent beaucoup moins difficile que vous ne l’imaginez 😉

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