Entre recruteurs et pros de la tech, il y a souvent des malentendus et des incompréhensions, même quand on croit parler le même langage. Et la plupart du temps, cela vient d’idées reçues et de croyances, parfois difficiles à déconstruire.

Avec cette nouvelle série d’articles, je veux revenir sur tout ces « petits trucs » qui compliquent le dialogue entre le monde du recrutement et celui de la tech.

Mon objectif : vous aider à mieux vous comprendre pour travailler plus facilement ensemble.

Pour ça, je vais décortiquer les malentendus et idées reçues que je vois le plus souvent. Et surtout vous donner des pistes pour y remédier.


Si vous avez raté les précédents, retrouvez les ici : le DevOps, le Développement, le Vibe Coding (épisode hors série) et l’Agilité.

Pour ce 4ème épisode, j’ai choisi de parler du cloud. Je le vois dans beaucoup d’annonces et la « compétences cloud » fait partie des plus recherchées en 2026. Mais comme beaucoup de termes dans l’IT, c’est un terme parfois mal compris, qui recouvre des réalités très différentes. Et qui entraînement forcément des incompréhensions entre clients, candidats et recruteurs.

Je reviens donc sur les 3 malentendus les plus fréquents autour du cloud et comment faire pour les limiter.

1/ Malentendu n°1 : « un profil cloud est forcément DevOps »

Malentendu n°1 : « un profil cloud fait forcément du DevOps »
Pourquoi c’est un malentendu

Depuis quelques mois, j’entends très souvent ça. Et même « finalement cloud et DevOps c’est pareil non? »

Non.

Le cloud correspond avant tout à un environnement technique : la manière dont une entreprise héberge, déploie et exploite ses applications (serveurs, réseau, stockage, sécurité, etc.).
Le DevOps, lui, désigne une manière de travailler, héritée de l’Agilité, qui vise à améliorer la collaboration entre les équipes et la fiabilité des mises en production.

On peut donc travailler dans le cloud sans être DevOps.
Et inversement, on peut évoluer dans une organisation DevOps sans être très exposé au cloud.

Pourquoi ça perdure

Parce que dans les faits, les deux se croisent très souvent.
Les profils DevOps sont de plus en plus attendus sur des environnements cloud, et les profils cloud utilisent des pratiques et des outils issus du DevOps.

Résultat, dans les annonces et les échanges, les termes deviennent quasiment interchangeables.
On parle de “profil cloud DevOps”ou de “DevOps cloud” sans toujours savoir ce qui est réellement attendu derrière.

Comment y remédier

Essayez au maximum de hiérarchiser le besoin.

👉 Est-ce que le poste est plutôt orienté cloud ou plutôt orienté DevOps ? Qu’est-ce qui occupe réellement le quotidien ?

Posez les questions suivantes :

  • Quelle part des missions concerne l’environnement cloud ? (en pourcentage par exemple)
  • Quelle place occupent l’automatisation, les pipelines, la fiabilité des déploiements ?
  • Quels outils sont indispensables, et lesquels sont simplement un plus ?

Plus vous clarifiez les attentes, plus vous limitez les risques de déception ou de décalage.

Et si vous cherchez vraiment une personne avec la double compétence, il faudra être conscient des difficultés côté sourcing (surtout si le salaire ne suit pas…).

2/ Malentendu n°2 : « une entreprise peut aller sur n’importe quel cloud »

Malentendu n°2 : « une entreprise peut aller sur n’importe quel cloud »
Pourquoi c’est un malentendu

Le cloud est souvent présenté comme une solution universelle. Mais une entreprise ne choisit pas son cloud au hasard (enfin normalement).

Ce choix dépend de contraintes très concrètes : sécurité des données, obligations réglementaires, politiques du groupe, coûts, existant technique (le fameux legacy).

Certaines entreprises utilisent un cloud public, d’autres un cloud privé, et beaucoup fonctionnent dans des environnements hybrides.
Cela conditionne forcément le choix des outils, les pratiques et les profils recherchés.

Dire « on recrute un profil cloud » sans donner de précision pourrait laisser penser que « tout est possible ».

Pourquoi ça perdure

Parce que ces décisions sont souvent prises en amont, loin du recrutement.

Le cloud est déjà choisi par la DSI, la direction technique ou le groupe, mais cette information est rarement transmise et expliquée clairement aux recruteurs.
Résultat : côté recrutement, on parle de cloud de manière générique, sans forcément connaître les contraintes réelles derrière.

Comment y remédier

Ici, l’enjeu pour le recruteur n’est pas d’évaluer des compétences cloud, mais de comprendre le contexte de l’entreprise.

Avant même de penser au profil à recruter, cherchez à comprendre l’historique :

  • pourquoi ce cloud a-t-il été choisi ?
  • dans quel cadre (sécurité, réglementation, contraintes groupe, existant technique) ?
  • ce choix est-il figé ou susceptible d’évoluer ?

Ces éléments permettent de savoir si l’entreprise cherche :

  • un profil ayant déjà travaillé dans un environnement très similaire,
  • ou quelqu’un capable de s’adapter à des contraintes spécifiques déjà en place.

Sans cette compréhension, le risque est de recruter “un profil cloud” qui matche sur le papier mais inadapté à la réalité de l’environnement.

3/ Malentendu n°3 : « quand on connaît un cloud, on connaît tous les autres »

Malentendu n°3 : « quand on connaît un cloud, on connaît tous les autres »
Pourquoi c’est un malentendu

Ce malentendu découle en général directement du deuxième. Puisqu’on pense qu’une entreprise peut aller sur n’importe quel cloud, on en déduit facilement que tous les clouds se ressemblent.

Aujourd’hui, quand on parle de cloud, on pense en général à un de ces trois grands acteurs :

  • AWS (Amazon Web Services), le cloud d’Amazon
  • Azure, le cloud de Microsoft
  • GCP (Google Cloud Platform), le cloud de Google

Ces environnements reposent sur des concepts communs : machines virtuelles, stockage, réseau, gestion des accès, automatisation. C’est ce qui donne l’impression qu’un profil cloud peut passer facilement de l’un à l’autre.

Mais dans la pratique, chaque cloud a ses propres services, ses outils, sa logique et sa terminologie.
Un spécialiste du cloud AWS ne maîtrise donc pas automatiquement Azure ou GCP. C’est même plutôt rare.

Certains profils ont une expérience multi-cloud, mais cela reste minoritaire et très dépendant du contexte.

Pourquoi ça perdure

Parce que côté recrutement, on confond souvent compréhension des concepts et expertise opérationnelle.
Oui, les bases sont transposables. Mais être réellement à l’aise dans un cloud donné demande du temps et de la pratique. C’est une des raisons pour lesquelles il y a autant de certifications cloud sur le marché.

Et côté entreprise, les attentes ne sont pas toujours bien définies. Dans les annonces, on a tendance à lister les cloud comme s’ils étaient interchangeables. Ou comme s’il était logique, courant, de maîtriser plusieurs cloud.

Comment y remédier

Pour limiter les malentendus, il est indispensable de sortir d’une logique purement « mots-clés » pour adopter une logique « contexte + usage ».

Commencez par cadrer le besoin avec des éléments simples et factuels :

  • quel cloud est utilisé aujourd’hui (AWS, Azure, GCP, autres) ?
  • est-ce un environnement déjà en place ou un cloud en construction ?
  • on est sur un projet de construction, d’exploitation, de mirgration ?

Ensuite, essayez de hiérarchiser les attentes. Par exemple :

  • expertise indispensable sur un cloud précis
  • connaissance souhaitée sur un second cloud
  • ou simple capacité à monter en compétences

Bonus : « le cloud, c’est un truc virtuel »

Alors, oui et non.

Le cloud repose sur des technologies de virtualisation. Mais derrière ce mot « virtuel” », il y a des choses très concrètes

Le cloud, ce sont :

  • de vrais serveurs
  • dans de vrais data centers
  • avec de l’électricité, du réseau, du stockage et de la maintenance.

La virtualisation permet simplement de partager et d’organiser ces ressources physiques via des logiciels.
Mais elles existent bel et bien.

C’est pour cette raison que les profils cloud ont souvent des compétences en infrastructure, systèmes et architecture. Même si tout est piloté à distance, ils travaillent sur des environnements réels, avec des contraintes très concrètes.

Le cloud n’est donc pas « immatériel » : il est virtuel dans son usage, mais physique dans sa réalité.

Conclusion

Comme c’est souvent le cas dans l’IT, le cloud est un terme très utilisé, mais qui recouvre des réalités très différentes selon les entreprises et les contextes.

Ce n’est pas un simple mot-clé à cocher dans une annonce. Derrière le cloud, il y a des choix structurants, des contraintes techniques et des environnements bien réels qui influencent directement les compétences attendues.

Pour les recruteurs, l’enjeu est donc de dépasser la logique « mot-clé » et d’aller chercher des informations qui aideront les candidats à se projeter. Parce que deux entreprises qui cherchent un profil cloud cherchent très rarement le même profil, même si l’intitulé de poste est identique.

si vous avez besoin de renforcer votre culture tech pour limiter les malentendus, j’ai rédigé un guide complet que vous pouvez acheter ICI.

Rendez-vous dans quinze jours pour décortiquer un nouveau malentendu du recrutement IT

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