Depuis 2 ans, on a eu la chance de voir 3 livres sur le recrutement. Et ça fait du bien parce qu’on avait peu de ressources de qualité rédigée en français. J’ai rédigé un avis sur chacun de ces livres sur mon blog : Le recrutement ne s’improvise pas, de Nicolas Galita (sorti en avril 2024), Permis de recruter, de Léo Bernard et Elise Moron (sorti en novembre 2024) et Recrutement sous influence, de Marie-Sophie Zambeaux (sorti en février 2025).

Le mois dernier, le « petit » nouveau est sorti : Recruter sans chasser, coécrit par Charlène Hemery et Karim Hechmi.

Comme les précédents, il était très attendu par la communauté RH et recrutement. La promesse : attirer les candidats comme des aimants et réduire les heures passées sur le sourcing. Le rêve pour de nombreux recruteurs et recruteuses non ?

Je l’ai terminé il y a une dizaine de jours et comme pour mes précédents articles, j’ai voulu partager mon avis, en donnant un retour le plus objectif possible.

« Recruter sans chasser » a trouvé sa place dans ma bibliothèque

📢Par souci de transparence, je précise que Charlène et Karim m’ont offert un exemplaire de « Recruter sans chasser ». Mais qu’ils ne m’ont rien demandé en échange. Cet article est donc écrit sans contrainte ni obligation.

1/ Ce que vous trouverez dans ce livre

Charlène et Karim partagent donc dans cet ouvrage tous leurs conseils pour attirer les candidats sans avoir besoin de les chasser (sur les CVthèques ou sur LinkedIn). C’est le principe même du Recrutement Inbound.

Leur livre compte environ 400 pages découpées en 10 chapitres. On peut les parcourir dans l’ordre (ce que j’ai fait) ou les lire selon nos besoins et urgences du moment. Voilà le sommaire :

Le sommaire complet de « Recruter sans chasser »

L’ordre des chapitres est très logique et permet aux auteurs de « dérouler » une méthode pour construire une stratégie de recrutement complète. Et comme dit dans l’introduction, l’objectif est de recruter en faisant moins d’effort de sourcing.

Les 3 premiers chapitres reprennent les bases pour créer une promesse employeur forte et garantir la meilleure expérience candidat possible. Ensuite, les chapitres suivant abordent chacun un thème précis, comme une brique qui vient consolider la stratégie. Et le dernier chapitre qui porte sur les KPI donne des conseils pour suivre et mesurer les résultats attendus.

En bref, c’est très complet et on sent que ces deux Charlène et Karim maîtrisent bien leur sujet.

2/ Ce que j’ai le plus apprécié dans Recruter sans chasser

D’abord, c’est un livre vraiment agréable à lire. Le style est très fluide, les pages aérées et il y a beaucoup d’illustrations qui rendent la lecture ludique (notamment avec les QRCode). Des encadrés de couleur attirent l’attention sur les idées importantes, des exemples ou des précisions. Et une page qui résument les points-clés à retenir termine chaque chapitre.

Ensuite, il y a 3 chapitres que j’ai particulièrement aimés dans le livre :

  • le chapitre 4 sur les contenus
  • le chapitre 5 sur le personnal branding
  • le chapitre 6 sur le site carrière
J’ai ajouté des marques-pages principalement dans ces 3 chapitres

Pour moi ils apportent une grosse valeur ajoutée par rapport à d’autres livres sur le recrutement. Et c’est surtout grâce aux très nombreux exemples et témoignages qui permettent vraiment d’illustrer la thérorie.

Pour être très honnête, je ne pensais pas apprendre autant de choses dans le chapitre 5 (c’est mon préféré). Je suis active et je publie sur LinkedIn depuis mars 2016 et je me débrouille pas trop mal. Mais avec tous les exemples concrets partagés dans ce chapitre et les explications « pas-à-pas », j’ai eu envie de retravailler mon profil LinkedIn (ce que je n’avais pas fait depuis un moment). Par exemple, j’ai retravaillé ma rubrique info, vérifié mes paramètres et ajouté une seconde slide dans ma bannière.

Ça m’a permis de prendre un peu de recul et rappelé que notre profil doit évoluer en même temps que nous.

La construction du livre est cohérente. On peut effectivement lire les chapitres en fonction de nos besoins, mais je pense que c’est intéressant de les lire dans l’ordre. Parce qu’il y a un cheminement logique, une progression qui aide à construire une stratégie de recrutement complète et efficace. Le chapitre 1 insiste bien sur la nécessité de savoir qui on est, ce qu’on a à proposer en tant qu’entreprise, à qui on veut s’adresser. C’est à partir de ce chapitre qu’on peut dérouler tout le reste.

Et enfin, j’ai trouvé que c’était bien sourcé avec des études, des chiffres, des infographies qui donnent des repères et appuient les propos.

3/ Ce que j’ai moins aimé dans Recruter sans chasser

Je l’ai dit dans la partie précédente, il y a énormément d’exemples et de témoignages tout au long du livre. Et parfois, il y en a peut-être un peu trop. On peut se sentir un peu « noyé » à certains moments. Les exemples peuvent évidemment inspirer et aider à trouver des idées. Mais je sais aussi qu’ils peuvent faire peur quand on se compare trop aux autres. C’est surtout vrai pour les chapitres 4 et 5 qui font pourtant partie de mes préférés (l’être humain est paradoxal 😅) Je n’insiste pas plus sur ce point, c’est très subjectif.

Je suis restée un peu sur ma faim dans le dernier chapitre dédié aux KPI. Les exemples d’indicateurs sont pertinents, mais je trouve qu’ici on manque d’exemples et d’outils pour vraiment mettre en place un suivi et des mesures efficaces. Le seul outil un peu développé est Favikon (dont je n’ai toujours pas bien compris le fonctionnement pour le scoring et les classements, malgré les explications…)

Dernier point : il y a beaucoup d’exemples et de témoignages de grands groupes et de startups ce qui peut donner l’impression que l’Inbound fonctionne moins pour des structures plus petites et moins connues. Je suis convaincue du contraire mais j’aurais aimé voir un peu plus d’exemples dans le livre.

4/ Quelques réflexions personnelles

Ce que j’ai beaucoup apprécié dans Recruter sans chasser, c’est qu’on peut trouver plein d’idées à tester très rapidement. Dans chaque chapitre, il y a des idées simples et qui ne coûtent rien (ou presque) à mettre en place. Le chapitre 5 est vraiment l’exemple parfait pour retravailler son profil LinkedIn.

Il me semble que Charlène et Karim ont misé un maximum sur des conseils intemporels, qui seront toujours vrais dans quelques années. Même si on sait que l’algorithme LinkedIn évolue rapidement et souvent, il y a beaucoup de rappels qui dureront dans le temps. Et de toute façon, ça ne sert à rien d’essayer de plaire à un algorithme, un réseau sert à échanger avec des gens (et j’espère que ce sera toujours le cas malgré les IA qui prennent de plus en plus de place…).

L’inbound a le vent en poupe depuis quelques années, y compris dans le domaine de la tech. De plus en plus d’équipes chez mes clients me disent qu’elles ne veulent plus passer autant de temps à sourcer/chasser. Mais trop souvent, elles restent sur l’idée qu’il suffit de faire des posts sur LinkedIn pour attirer des candidats. C’est bien évidemment insuffisant et ce livre en est la preuve. Comme pour la chasse, l’inbound nécessite une vraie stratégie et une implication de toutes les équipes. Parce que Inbound ou Outbound, le recrutement est un sujet collectif.

5/ Conclusion

Je vous recommande « Recruter sans chasser », que vous soyez débutant ou expérimenté dans le recrutement. Vous apprendrez forcément quelque chose et vous trouverez des conseils à appliquer rapidement.

Mais surtout, faites-le lire à vos managers, dirigeants, aux équipes RH et communication : pour moi, ce livre n’est pas uniquement un livre de recrutement. C’est plus large que ça. Il aide aussi à la construction de fondations solides pour fidéliser les salariés, renforcer l’image de l’entreprise et s’incrire dans une logique « longue durée » qui manque trop souvent quand on parle de recrutement.

Il n’y a pas de recette miracle qui fonctionne pour toutes les entreprises, donc n’essayez pas de copier-coller ce que vous voyez dans le livre. Charlène et Karim partagent une méthode et des conseils qu’ils ont expérimentés et qui ont fait leur preuves chez leurs clients. A vous maintenant de tester et de vous approprier tout ça pour que ce soit bien adapté à votre entreprise (et à vous).

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